PB40-2000
                                         Sana en 1950                                                                            Pavillon Baudot en 2000


Extraits du livre « Cent ans de Pneumo-Phtisiologie dans les Hôpitaux de Toulouse 1905-2005 » par les Prs André Delaude et Paul Léophonte.


Jules Barbot écrivait en 1905 dans les chroniques de la faculté de médecine de Toulouse : « L’Hôtel-Dieu actuel ne peut s’agrandir…. pour isoler les bacillaires et préserver les autres malades de leur contact : ce qu’il faut, c’est à proximité de la ville, en un point élevé, au milieu des arbres et des champs , une construction toute neuve, vaste, inondée d’air et de lumière, où sans danger pour leurs frères malheureux et pour eux-mêmes, les tuberculeux puissent respirer à plein poumon un air pur et ensoleillé…. »

jb
Ce vœu aura mis un peu plus de trois décennies pour se réaliser. En effet, la 1ère pierre de l’hôpital Purpan fût posée le 25 septembre 1911, mais ce n’est qu’en 1946 que le « sana » sera ouvert aux tuberculeux par le service de santé des armées après avoir été occupé par l’armée allemande (travaux interrompus de 1914 à 1920 puis repris de 1920 à 1938, hôpital réquisitionné par les militaires français en 1939 et délogés par l’occupant en 1940).

C’est ainsi qu’en 1946 les tuberculeux, transférés de l’Hotel-Dieu au sana de Purpan, sont accueillis par le Dr Jean Baudot, nommé médecin chef phtisiologue des hôpitaux le 14 décembre de cette même année. Il mourra brutalement 8 ans plus tard, en 1954.
                                             Jean Baudot


La structure au sanatorium de Purpan est répartie, sur 3 étages, en 2 services de phtisiologie et un service de chirurgie. Voici la description qu’en fait le Dr Max Girard dans le livre cité ci-dessus :

« Le sana c’est un immense pavillon rectangulaire en briques comportant une entrée en rotonde centrale à usage administratif, ainsi qu’un étage réservé au bloc opératoire. En retrait, deux grandes ailes, au rez-de-chaussée : le service de consultations et le laboratoire du BK du Pr André Delaude, les services de radiologie et d’endoscopie. Trois étages d’hospitalisation : à gauche les femmes, à droite les hommes… Au premier se situe le service de chirurgie thoracique initialement dirigé par le Pr Paul Dambrin avec les salles Villemin et Laennec. Au deuxième la clinique de la tuberculose dirigée par le Pr Louis Morel, salles Sergent et Landouzy, enfin au troisième le service de phtisiologie des hôpitaux du Pr Jean Baudot avec les salles Jacques Arnaud et Charles Morel. Dans chaque salle, il existait six pièces d’hospitalisation communes de 6 lits, plus à chacune des extrémités une douzaine de chambres individuelles, initialement pour les personnalités et les mourants, très rapidement utilisées pour les malades broncho-pulmonaires non tuberculeux. Le tout complété par deux salles de pansement à chaque étage, quelques rares bureaux et sanitaires, avec de magnifiques sols et murs carrelés. Couronnant le tout sur l’entière longueur des bâtiments, deux solariums totalement sans fenêtres, grand ouverts sur les Pyrénées, le soleil et le vent d’Autan. Ils ne furent en réalité jamais médicalement utilisés avant d’être tardivement transformés en bureaux, sauf, officieusement, par quelques malades pris de langueurs romantiques ou plus rarement suicidaires….. ».

L'envoi en sanatorium représentait en effet la base par excellence du traitement, avec la triple cure : lit, régime alimentaire approprié et cure d'air. Le sana de Purpan disposait de 90 lits au total dont plus de la moitié étaient encore occupés par des tuberculeux en 1968-1969. 
La lutte contre cette maladie a débuté en 1944 avec la découverte de la streptomycine et s'est poursuivie depuis lors grace à l'administration des antibiotiques. Le sana s'est ainsi éteint discrètement en même temps que la tuberculose en temps que fléau social.

Après la période « sana », le pavillon Baudot fut occupé par d’autres services en lien ou non avec la pneumologie.

Un service d’exploration fonctionnelle respiratoire fut aménagé en 1975 en lieu et place du laboratoire du BK.

Pendant environ 25 ans les principaux services hébergés par la Pavillon Baudot furent, au rez-de-chaussée du bâtiment, la radiologie (Pr Jean-Jacques Railhac) et l’exploration fonctionnelle respiratoire avec plus tard la médecine du sport (Pr Garrigues puis Pr Daniel Rivière), l’urologie au 1er étage (Pr Sarramon) étendu en 1999 à la transplantation rénale et l’andrologie, la cardiologie au 2ième et 3ième étage (Pr Pierre Bernadet puis Pr Jacques Puel).